Trujillo, Pérou

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Chers lecteurs, me voilà déjà de retour en France après mon road trip de 2 mois en Amérique du Sud et ce à grand regret ! Tout d’abord, mille excuses, je n’ai pas réussi à tenir mes promesses et à publier des articles tout au long de mon voyage… En effet, au cours de mon périple, difficile de trouver des connexions internet assez bonnes mais aussi du temps pour rédiger mes articles ! Promis, je vais faire en sorte de me rattraper en les publiant rapidement maintenant que je suis rentrée. Je dois bien avouer que le retour à la vie normale est un peu déprimant, mais je rentre la tête remplie de merveilleux paysages, d’inoubliables souvenirs et déjà plein d’idées pour les prochains voyages… Malgré quelques galères et notamment le vol de mon portable en Argentine, j’ai essayé de prendre le maximum de photos afin de vous faire partager au mieux cette formidable expérience.

L’aventure a démarré dans la ville de Trujillo au nord du Pérou où j’ai été accueilli par une amie péruvienne rencontrée lors de mon année d’erasmus à Barcelone il y a 4 ans. J’ai logé pendant une semaine dans sa famille où j’ai pu découvrir avec grand plaisir l’hospitalité sud-américaine. Plus qu’accueillants et chaleureux, tous les membres de la famille se sont fait une véritable mission de me faire découvrir leur ville, leur culture, leurs spécialités culinaires. J’ai eu d’ailleurs un véritable coup de foudre pour la gastronomie péruvienne qui est vraiment excellente et en prime très bon marché. Vous pouvez facilement vous faire un vrai festin pour moins de 5 euros ! Vous pouvez voir un peu plus bas la photo du lomo saltado, un des plats péruviens les plus emblématiques. Inspiré de la cuisine chinoise,  il se compose de steak de boeuf coupé en lamelles puis sauté au wok avec sauce soja, oignons, tomates, ail, piment, coriandre et servi avec du riz et des frites. Bien nourrissant comme vous pouvez l’imaginer ! D’autant qu’au Pérou, les proportions servies sont toujours énormes. Bien souvent, vous ne pourrez même pas finir votre assiette, mais ramener les restes chez soi est très courant là-bas alors ne vous en privez pas.

Pour ce qui est des sites touristiques, la région de Trujillo, même si assez peu connue des touristes, a pourtant beaucoup à offrir. Trujillo est surnommée ciudad de la eterna primavera (« ville de l’éternel printemps ») car le climat y est doux et ensoleillé toute l’année (environ 20-25 degrés en moyenne et pratiquement jamais de pluie). Le centre ville dispose d’une magnifique place principale (« plaza de Armas ») au style colonial où vous pourrez admirer le monumento a la libertad (« monument à la liberté », 2ème photo ci-dessous) qui rappelle que Trujillo fut la première ville du Pérou à déclarer son indépendance vis-à-vis de l’Espagne. La place est aussi l’occasion de découvrir la superbe cathédrale Santa-Maria qui est éclatante de jour comme de nuit dans sa robe couleur or (photo ci-dessus). En vous baladant dans le centre ville, dépaysement assuré ! Vous n’y verrez aucun gratte-ciel, aucun immeuble ou édifice haut… Même si Trujillo est la 3 ème plus grande ville du pays, elle garde son authenticité et reste une ville à taille humaine. Petits commerces, restaurants et jolis maisons coloniales occupent le coeur de la ville. Pour vous déplacer, vous avez le choix entre le micro (bus de ville) ou les taxis. Il est très fréquent de se déplacer en taxi à Trujillo car il y est très bon marché ! Sachez que le prix se négocie avant de monter et pensez toujours à demander à quelqu’un dans la rue le prix normal de la course afin de ne pas vous faire arnaquer. Si vous avez envie de faire un petit saut dans le passé, testez tout de même le micro qui est 100% vintage (on se demande comment il arrive encore à rouler tellement il est antique^^). Mais attention, les arrêts ne sont pas affichés, demandez à un passager de vous prévenir lorsque vous arrivez. Que ce soit en taxi ou en micro, une fois à bord, accrochez-vous, les péruviens roulent comme des dingues et ça klaxonne à tout va ! C’est d’ailleurs quelque chose d’assez marquant lorsqu’on arrive dans cette ville, les klaxons ne s’arrêtent jamais ! Mais je vous rassure, on finit par s’y habituer… ^^

En tout cas, je ne regrette en rien mon passage à Trujillo car le dépaysement a été immédiat et ce fut pour moi l’occasion de découvrir de superbes sites archéologiques qui m’ont beaucoup appris sur les civilisations précolombiennes ayant précédé celle des Incas. Eh oui, le Pérou ce n’est pas seulement le Macchu Picchu ! Chaque région est riche de choses à découvrir… Un peu plus bas, je vous fais donc un petit topo sur les 3 sites d’intérêt à visiter lorsqu’on est de passage à Trujillo : l’incontournable plage de Huanchaco et les sites archéologiques Chan Chan et La Huaca del sol y la luna.

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Huanchaco :

Adorable petite ville balnéaire située à environ 25 min de Trujillo, Huanchaco est le repère des surfeurs et chaque été y a lieu la compétition mondiale du Longboard. Il y règne une vraie douceur de vivre toute l’année et c’est un bon moyen de s’échapper de l’ambiance assez bruyante de Trujillo. C’est aussi l’occasion d’admirer les caballitos de totora, des petites embarcations faites de tiges de roseaux. Ces dernières, déjà utilisées depuis 2000 ans pour la pêche par les civilisations pré-incas, servent aujourd’hui pour des compétitions de sport proches du surf ou pour faire faire des petites ballades en mer aux touristes. La ville de Huanchaco est aussi connue pour être le berceau du célèbre ceviche, qui aurait été inventé par la civilisation moche (100 – 700 ap. J-C). A Huanchaco, il est donc incontournable de goûter à ce plat péruvien mondialement connu composé de poisson cru, oignon, citron vert et piment que l’on sert avec des patates douces ou du maïs. Vous pouvez voir ci-dessous la photo de celui que j’ai goûté accompagné d’un plat de poisson frit et de l’incontournable Inka cola, boisson péruvienne nationale au goût de chewing gum. Je vous conseille aussi de profiter d’être en bord de mer pour goûter aux cremoladas (avant-dernière photo ci-dessous), sortes de glaces à mi-chemin entre le granité et la crème glacée, réalisées à base de fruits frais. Testez les saveurs locales comme le lucuma ou le guanabana, un vrai délice !

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Chan Chan :

Situé à 5 km de Trujillo, le site archéologique de Chan Chan dévoile les vestiges de ce qui fut la capitale du royaume chimù, civilisation qui se développa de 1100 à 1470 ap. J-C à partir des ruines de la civilisation moche ayant vécu, elle, de 100 à 700 ap. J-C. Le royaume connut son apogée au XVème siècle avant d’être conquis par les Incas vers l’an 1470. On trouve dans le centre de Trujillo de nombreuses agences proposant des excursions pour visiter le site pour 25 soles (environ 7-8 euros). Souvent l’excursion comprend un passage à la plage de Huanchaco située à 15 min de là. Chan Chan, qui signifie « soleil soleil » en langue chimù, fut la plus grande ville construite en argile de l’Amérique précolombienne. Il est absolument magique de découvrir cette cité vieille de 900 ans qui dévoile un modèle rigoureux d’urbanisme. Le site comprend 9 grands palais (vous n’en verrez qu’un lors de votre visite), un construit pour chacun des seigneurs qu’il connut. Ces derniers étant considérés comme des divinités, chaque seigneur était enterré dans son palais à sa mort et un nouveau palais était construit pour son successeur. Chaque palais est délimité par de hautes murailles et composé de 3 places, une ouverte à tous, une destinée aux nobles et une réservée aux cérémonies funéraires. On y trouve également temples, habitations, réserves, entrepôts et tombeaux, le tout étant relié par un réseau de rues étroites. Le plus impressionnant dans ce lieu hors du temps est d’admirer les décorations et frises en reliefs gravées sur les murs et représentant des motifs abstraits, des animaux ou des hommes. On peut par exemple reconnaître des pélicans et des poissons rappelant l’océan Pacifique tout proche. Autour de ces neuf palais, étaient installés les ateliers de production consacrés aux activités de tissage, de travail du bois et des métaux mais aussi un impressionnant réseau d’irrigation qui alimentait les vastes terres agricoles entourant la ville. Le fait que la cité soit bâtie en terre et qu’elle soit proche de l’océan augmente malheureusement le risque de détérioration de ce site unique et précieux. C’est pourquoi il n’est pas rare d’apercevoir en le visitant des personnes travaillant à restaurer les lieux à l’aide de matériaux en terre. Enfin, si vous le visitez, prévoyez lunettes de soleil, crème solaire et bouteille d’eau car il y fait très chaud !

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La Huaca del Sol y la Luna :

Constitué de 2 grandes pyramides construites en briques d’adobe (mélange de terre et d’argile), le site fut le plus important centre religieux de la civilisation moche (100 – 700 ap. J-C). Il fut nommé à tord Huaca del Sol y la Luna (« Temple du soleil et de la lune ») par les conquistadors espagnols au XVI ème qui le prirent pour un lieu de culte Inca. On sait aujourd’hui que c’est en fait le dieu Ai-Apaec qui fut adoré dans ce lieu. Souvent représenté comme une araignée ou un monstre marin, on peut voir ce dernier sur la plupart des fresques murales datant de cette époque (voir avant-dernière et dernière photo ci-dessous). On estime que la construction de ces 2 monuments a débuté autour de l’an 100 après J-C, dès l’apparition de la civilisation moche et continua jusqu’à sa fin autour de l’an 700. En effet, selon un calendrier précis, environ tous les 90 ans, les moches recouvraient entièrement de terre leur lieu de culte afin d’en construire un nouveau par-dessus. Les pyramides se composent donc de différents degrés qui s’empilent les uns sur les autres et permettent d’observer l’évolution de la culture moche au cours des siècles. Grâce aux fresques murales bien conservées sous la terre et donc toujours éclatantes de couleurs après 1900 ans mais aussi grâce aux objets et ossements retrouvées lors des fouilles archéologiques, on sait que ce site était destiné aux cérémonies religieuses, offrandes aux dieux, sacrifices d’animaux et d’humains. Il a par exemple été retrouvé dans les tombeaux des hauts dignitaires moches, les dépouilles d’autres hommes, femmes et enfants, certainement des proches ou domestiques sacrifiés pour l’occasion. Entre les deux huacas, on peut observer les vestiges de l’ancienne cité moche dont il ne reste malheureusement que le tracé aujourd’hui (voir 3ème et 4ème photo ci-dessous). Seule la Huaca de la Luna est ouverte au public pour le moment car les archéologues travaillent encore sur la Huaca del sol. Lors de votre visite, vous aurez le plaisir d’être accueillis par de véritables descendants des moches vêtus de tenues d’époque qui vous donneront la bienvenue grâce à leurs instruments traditionnels (5ème photo ci-dessous).  A l’entrée du site, vous aurez peut-être aussi l’occasion de croiser comme moi un chien viringo  (« chien nu du Pérou », 2ème photo ci-dessous), race très ancienne connue depuis la civilisation moche. Assez étonnant à voir car cet étrange chien est dépourvu de poils à part sur la tête ! Autant vous dire que je n’ai pas vraiment eu envie de le caresser… Enfin, pensez également à visiter le musée Huacas de moches qui se situe à quelques kilomètres de là où vous pourrez admirer de sublimes céramiques, tissus, bijoux en or et en bronze de la culture moche retrouvés durant les fouilles en parfait état car bien enterrés par les moches eux-mêmes.

Pour finir, si vous voulez en en savoir plus sur les civilisations moche et chimù, je vous laisse le lien de ce petit documentaire de 15 min très bien fait qui vous expliquera tout ce que vous devez savoir sur le sujet !

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